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    L’islamisme et la participation politique

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    aboumohammed
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    L’islamisme et la participation politique

    مُساهمة من طرف aboumohammed في الخميس 22 يوليو - 11:01



    .L’islamisme et la participation politique; exemple du Maroc
    Nadia Yassine - 24/05/2010

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    Intervention de Nadia Yassine aux Rencontres Organisées par trois associations catalanes, SODEPAU (Solidarité pour le Développement et la Paix), CIEMEN (Centre International Escarré pour les Minorités ethniques et les Nations) et PAG (Plateforme Arrêtons la Guerre à Barcelone les 15,16 et 17 novembre 2007, sur le thème "Construisons un Espace Méditerranée pour la Paix, la Justice, la Dignité et les Droits des Peuples"

    Introduction générale

    Il s'agit de traiter du sujet de "l'islamisme et la participation politique; exemple du Maroc" dans le cadre de ce séminaire qui s'intéresse à la stabilité de l'espace méditerranéen. Ma participation consistera donc moins à présenter de façon exhaustive le mouvement que je représente, en l'occurrence "Justice et Spiritualité", qu'à déterminer plus précisément les éléments qui soulignent sa disposition voire son aptitude à adhérer à un processus de partenariat bénéfique pour la stabilisation de cette région. Il est clair que depuis le jour 1 des nouvelles relations internationales, comme on se plaît désormais à nommer le 11 septembre, le monde musulman se trouve propulsé au centre d'un intérêt international souvent malsain, puisque orienté par des medias de masse auxquels manque cruellement la profondeur nécessaire pour une appréhension correcte de la réalité très complexe qu'est celle du monde arabo-islamique. Dans l'approche binaire développée par cette appréhension superficielle de phénomènes complexes, un certain nombre d'identifiants et de baromètres a été mis en place pour détailler l'axe du mal. Parmi les baromètres puissants, d'après ces approches, qui permettent de cataloguer les mouvements dits islamistes, se trouve la participation au pouvoir. Les mouvements appelés islamistes sont considérés comme étant extrémistes ou modérés suivant leur attitude envers les pouvoirs locaux. Cette image est bien sûr tronquée pour ne pas tenir compte de plusieurs facteurs endogènes et exogènes de l'histoire des pays musulmans.

    La méditerranée ou la nécessité d'un dialogue.

    Je remercie donc les organisateurs de cette rencontre qui offrent une opportunité pour un véritable échange permettant ainsi de dépasser la superficialité régnante en matière de compréhension. L'enjeu politique étant des plus actuels et des plus chauds, il est important de rappeler que le défi majeur que nous aurons à relever dans cette partie du monde est la volonté farouche et déterminée de l'oligarchie qui mène les USA et qui tient à confisquer le monde au monde advienne que pourra et coûte que coûte. Les conflits, pourtant terribles, qui ont traversé cette partie du monde, seront des instants d'agitation minime par rapport à ceux à venir. Le projet du Grand Moyen Orient est le symbole de ce fait du Prince qui compte redessiner le globe terrestre suivant les besoins et le rêve américains. Il est vrai que l'économie périclitante de la superpuissance laisse présager une autre alternative qui n'en sera pas moins dangereuse à mon avis, puisque le clash des civilisations tatoue désormais la conscience mondiale. Un terrorisme en appelant un autre ; ce n'est peut-être qu'un avant goût des conflits généralisables si des consciences encore humaines ne développent pas une véritable résistance contre cette folie meurtrière qui s'est emparé du monde. La compréhension des choses est l'un des moyens efficaces de dépassement des haines gratuites et destructrices.

    Pour une approche bien ancrée donc, il faudra nécessairement partir du général vers le particulier, surtout lorsqu'il s'agit du concept d'islamisme, le Maroc appartenant à une histoire globale partagée avec le monde arabo-musulman. Dans un deuxième temps, il sera question de la spécificité du mouvement "Justice et Spiritualité" et de sa position par rapport au pouvoir.

    L'islamisme et la rupture Occident Orient

    Chomsky et d'autres auteurs, pas trop médiatisés non plus, ont assez développé l'effet néfaste de la propagande américaine depuis toujours, mais surtout depuis le 11 septembre, afin de modeler l'inconscient des masses et de faire agréer une politique qui de politique d'endiguement s'est métamorphosée en politique de prévention. Les néologismes ont alors foisonné. Curieusement le concept d'"islamisme" qui était depuis la révolution iranienne une curiosité académique, devient depuis le 11 Septembre, un fourre-tout idéologique et une arme psychologique dont usent et abusent les pouvoirs en place que ce soit au niveau international ou au niveau régional. Cette hostilité envers le phénomène de l'Islam politique déclarée et entretenue a en fait une histoire ancienne mais aussi une histoire inhérente à l'époque postcoloniale et à la reconstruction de l'identité du monde arabo-musulman. S'il est vrai que le clash des civilisations est une offensive idéologique récente, il ne faut pas oublier que c'est une approche qui instrumentalise un cumul de ruptures culturelles et politiques.

    La rupture entre l'Occident et l'Orient a pour principale cause l'Islam. Si l'Orient a fasciné la conscience occidentale, il l'a hanté aussi. Les relents de cette époque fiévreuse et combative devant un empire aussi brillant que semblant invincible habite encore l'inconscient occidental. Durkheim disait si bien " l'inconscient c'est l'Histoire".

    Les guerres pour des raisons économiques ont pris le pas sur les guerres pour des raisons idéologiques avec ce même Orient musulman. La colonisation ayant précipité l'industrialisation, le monde arabo-musulman se retrouva du mauvais côté du monde moderne. La modernité issue de cette industrialisation étant une dialectique basée sur des rapports de force et non l'avènement du bien-être universel creusa encore plus le fossé entre le monde arabo-musulman et l'Occident. La décolonisation viendra plus tard établir de fausses connections entre les deux mondes en promouvant des élites à la solde des politiques postcoloniales. L'Histoire endémique avec l'autocratie se conjugue désormais avec l'Histoire contemporaine marquée elle par l'humiliation. La défaite de 1967 marquera la mort de tout espoir en un retour à la dignité.

    C'est précisément à ce tournant que certains observateurs font remonter la montée de l'islamisme qui serait une alternative au nationalisme déchu désormais. Il serait une idéologie de combat qui serait développée contre l'Occident. L'Islamisme serait donc une instrumentalisation politique de l'Islam afin de faire face aux défis d'une modernité qui serait inaccessible, et en réponse à une impasse politique internationale

    L'islamisme : une histoire endogène

    Si l'histoire contemporaine a certes influencé la montée des revendications politiques au nom d'une identité islamique, celle ci n'en reste pas moins profonde et liée en amont de notre culture à une histoire du politique mouvementée.

    La propagande islamophobe à laquelle nous assistons est l'alliage de tous les amalgames faussant la véritable place de cette revendication et empêchant une perception objective d'un fait qui est loin d'être un épiphénomène. Cette propagande présente l'Islam politique comme une réaction générée par la grande gifle que reçoit le monde arabe à travers la défaite de 1967. L'islamisme ou le retour aux sources islamiques pour trouver des solutions aux hiatus sociaux et politiques serait un phénomène tout à fait nouveau et inédit. La vulgarisation par les medias de masse de cette théorie présente l'islamisme comme une aberration contemporaine en mettant tous les courants de cette mouvance dans le même sac; celui du terrorisme en l'occurrence.

    Une approche objective devrait faire remonter l'islamisme aux premiers moments de l'Islam. Le recours dans le domaine politique aux fondements de la foi islamique que sont le Coran et la Sunna a commencé avec l'avènement du successeur du Prophète. Celui-ci n'ayant laissé aucune directive claire concernant le pouvoir, la légitimité de celui-ci n'en fut pas moins basée sur les préceptes de la foi. La porte était alors ouverte à tous les schismes que l'on connait dans l'histoire des musulmans. C'est pour dire que toutes les revendications politiques dans l'histoire des musulmans étaient faites au nom d'une lecture religieuse. Tous les faits majeurs qui se sont passés dans notre histoire peuvent être considérés comme "islamistes" c'est-à-dire se référant à l'Islam.

    L'islamisme n'est donc un fait nouveau que pour une certaine approche qui veut diaboliser le recours à une lecture de l'Islam qui serait fédératrice et productrice de sens et donc de résistance à un système de domination.

    Il est donc plus adéquat de considérer l'Islamisme comme une récurrence dans l'histoire des musulmans et non un accident de l'histoire. La vraie nouveauté c'est que l'islamisme contemporain conjugue une revendication interne à une autre externe celle-ci. Si le recours aux sources servait à développer des lectures subversives ou des actions révolutionnaires au sein même de la culture islamique, il devient à l'heure de la colonisation un moyen de résistance non plus politique seulement mais identitaire également. La thèse du Clash des civilisations a exacerbé cette dimension identitaire chez une certaine tranche de ceux qui revendiquent le changement à partir de la culture islamique. Cette violence n'étant en aucun cas identifiable à l'Islam en tant que religion puisque dans le cadre ce la mondialisation, la revendication identitaire est source de malaise et de violence généralisées.

    Le mouvement Justice et Spiritualité et la participation au pouvoir

    Après cette mise au point méthodologique qui consiste à donner une histoire à un terme qui semble en être dénué nous permet de présenter "Justice et Spiritualité" comme une récurrence moderne d'une revendication classique.

    Il est important de souligner que le pouvoir à l'origine de l'histoire islamique fut d'abord pensé comme un instrument garantissant l'identité islamique porteuse d'un message sacré et non comme celui de la gestion d'une société. Il fut ensuite instrumentalisé dans la mesure où il fut récupéré par les omeyades dans le cadre d'un empire naissant afin de préserver d'une manière plus élaborée l'esprit de clan et la domination d'une classe par rapport à une autre. En d'autres termes, la dynamique qui voulait que le pouvoir soit au service du Message s'inversa et fit du Message une lettre morte au service de l'autocratisme.

    Depuis, les revendications et les soulèvements n'en finirent pas de balancer entre les désirs messianiques et les désirs de domination. Le défi actuel est celui de faire du pouvoir un double instrument, seule façon d'inverser encore une fois la vapeur et de rétablir la dynamique initiale ; celle où le pouvoir n'est qu'un simple instrument désacralisé au service d'une cause sacrée. Un pouvoir qui préserverait le sens mais qui gérerait aussi la cité dans l'intelligence de l'heure en conjuguant les préceptes de l'Etat moderne avec la conscience d'une cause sacrée.

    Le pouvoir en terre d'Islam, ayant développé des moyens idéologiques et d'autres coercitifs et violents, est devenu le verrou principal devant toute véritable gestion viable de la cité et contre toute production de sens.

    Le mouvement "Justice et Spiritualité" est donc plus qu'un mouvement. Il est une école de pensée qui prône et le retour au sens et la gestion viable de la cité comme étant un jihad moderne. Le jihad étant pour cette école exclusivement une résistance dans la non-violence. Il est important de souligner que le mouvement existe depuis trente ans au moins et qu'il a été un modèle de non-violence même lorsque l'Etat marocain a tout fait pour le sortir de cette voie. Ceci dément la thèse de l'islamisme forcément violent et forcément terroriste.

    Pour le mouvement Justice et Spiritualité qui a des milliers d'adhérents; il s'agit d'un travail à un double niveau.

    1°) le réveil des consciences

    - un programme spirituel:

    L’adoption d'un programme spirituel se basant sur des pratiques soufies débarrassées de leurs scories quiétistes permet un ressourcement par le cœur et équivaut à la rééducation nécessaire de l'humain pour toute vraie révolution.

    - une approche intellectuelle

    Qui remet en question la lecture officielle défendue par le pouvoir en place, lui aussi "islamiste", puisque toute légitimité du pouvoir doit se baser entièrement ou en partie sur cette identité dans notre tradition politique. L'approche théorique dénonce la nature du pouvoir et exclut toute participation à ce pouvoir tant qu'il ne change pas de nature.

    2°) une implication sociale

    Parti d'une théorie de base qui prône la non-violence et la légalité, le choix du niveau de cette implication a aussi une signification subversive. Il exclut le niveau partisan, la vie politique officielle étant un espace maîtrisé et dominé par le pouvoir central. Il cible donc le niveau associatif et l'infiltration syndicale bien que la mesure et la vigilance restent de mise même à ce niveau là. Le mouvement n'en est pas pour autant apolitique, car la meilleure façon d'en faire est de rester à la marge de ce Pouvoir en

    signe de contestation à ses verrouillages ancestraux, tout en se réappropriant le droit à la lecture de nos textes concernant le pouvoir d'un autre point de vue que celui de l'Islam officiel, car au service du Pouvoir. C'est en fait opposer un islamisme démocratique et libérateur à l'islamisme opium des peuples.

    Notre implication sociale n'en est pas moins accompagnée par une série de propositions concrètes valables pour une période transitoire qui n'est pas notre idéal politique selon l'approche théorique, mais qui reste acceptable dans la mesure où elle permettrait un déverrouillage du système. Il s'agit entre autres de l'annulation de la présente Constitution en faveur d’une nouvelle constitution réellement démocratique; car la Constitution actuelle représente un verrou principal dans le système juridique marocain qui induit à la corruption, au népotisme etc.

    Conclusion

    "Justice et Spiritualité" est un mouvement de société et non un mouvement islamiste dans le sens propagandiste du terme voulu par l'impérialisme ambiant. Il ne participe pas au pouvoir contrairement à un autre mouvement, le PJD, qui pense que participer au pouvoir peut aider à préserver le sens et à développer quelque peu la justice sociale. C'est compter sans la nature du Pouvoir qui voit dans le sens une subversion et dans la justice sociale une suppression de privilèges. Il s'agit aussi de compter avec une certaine appréhension de la super puissance qui voit dans le Maroc un espace de transit et de rupture, trop dangereux pour être laissé à une volonté populaire qui verrait en la démocratie une alternative et non un palliatif. L'Histoire continue ….

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      الوقت/التاريخ الآن هو الثلاثاء 25 سبتمبر - 8:04